Tuesday, March 22, 2005

Mon passage.

Le soleil plane sur ma tête depuis un moment. Mais, ce n'est pas le genre de soleil qui agresse, qu'on fuit. C'était plutôt le genre de soleil apaisant que l'on recherche. Que je recherche. Je suis perché sur le plus gros arbres des environs. Je balance mes jambes dans le vide. Un vent venant de l'ouest me balaie les cheveux. Je respire d'une façon profonde. D'une façon que je n'avais pas ressentit depuis longtemps déjà. Ma vie étant ce qu'elle est, je n'ai pas souvent des moments de libération et de calme comme celui-ci. Mon bordel qui a pris possession autant de ma tête, de mon entourage et de ma vie n'est plus. Où si il est encore là, je m'en fous royalement...
Je l'attends. Je suis en avance. Le rendez-vous est pour 13h30. C'est dans une heure trente. Je quitte le pays. Je quitte son pays. C'est la dernière fois que je la verrai avant un bon moment. Je l'ai rencontré dans une période étrange de ma vie. Je n'étais que de passage ici. Elle a un copain, un emploi et une vie qu'elle ne peut pas quitter... pour l'instant. Je m'en fous imperdument. Je sais qu'elle est la quelque part. Trop de gens n'ont pas compris l'amour. Ce n'est pas cette chose qui te rend dépendant. Qui de fait du mal. Que tu recherches. Non. Ceux qui recherchent partout ce sentiment ne le connaîtront probablement jamais. Je quitte le pays dans quelques heures. Le temps n'a pas de sens. J'ai beau regardé ma montre, je ne comprends pas ce qu'elle essaie de me dire. Je suis accoté sur le tronc de mon arbre géant. Le soleil me grille les idées. Le vent me les rafraîchis. Au bout du chemin, sans surprise, je la vois s'approcher.

Saturday, March 12, 2005

Son bordel.

Dans un coin sombre de sa chambre, elle se trouve cramponnée en boule sur le tapis. Elle est dans cette position depuis plusieurs minutes. Ses mains sont appuyées sur sa tête et elle se balance tranquillement. Elle se morfond avec le seul son de horloge qu'elle ressent comme un vacarme qui assomme ses pensées. D'un rythme régulier, la petite aiguille parcours l'appareil avec une musique infernale qui entre dans sa tête et qui va se fracasser dans le fond de son cerveau. Elle a la nausée. En plus de vouloir vomir sur la vie, cette fois si, elle se donne envie de vomir elle même.

Elle trône parmi ses effets qu'elle a saccagés. Elle ne fait pas exception à ses babioles car elle traîne, elle aussi, plus dépareillée que jamais. À cause de son maquillage, ses larmes ont formées de longues coulisses noires sous ses yeux. Elle a tenté de faire disparaître ceux-ci mais, en passant sa main sur son visage, elle n'a qu’étalé les traces noires, créant ainsi un effet de tristesse profond dans ses yeux. Depuis quelques temps, elle se disait être dans une mauvaise passe. Mais, en ce moment, son déguisement ne tient plus la route. Même sans son maquillage, sa teinture, ses bijoux et ses vêtements, elle ne pourrait pas être plus à nue qu'à ce moment. Elle se retrouve comme un livre ouvert. Quiconque voudrait lire entre ses lignes le pourrait sans qu'elle chigne ou dise un mot. Elle a perdu l'énergie qu'elle a tant usé à se cacher. Toutes ces fois où elle a voulue se camoufler derrière une image lui retombe sous le nez. Chaque fois qu'elle a renié ce qu'elle est pour plaire à quelqu'un d'autres lui reviennent au visage. Comme une vision qui l'a rendue au plancher. Elle grelotte et se sent étrangère parmi son existence. L'horloge continue son vacarme sans raté une seconde malgré que tout bas, elle lui supplie d'arrêter. Elle a trouvé son mur et s'y est cassé le nez, laissant des traces de sang et tachant le tapis. D'un oeil absent, elle relève la tête et fixe le test de grossesse à ses pieds. Ainsi reparte les sanglots.

Monday, March 07, 2005

Complet-cravate.

Ce mal de tête est le plus terrible qu'il est eû. Il ferme les yeux, les ouvres et il jette un coup d'oeil à l'extérieur. L'instant d'un regret, il constate où il en est. Il laisse sortir de sa bouche une grosse bouffée d'air. Il sait depuis longtemps qu'il c'est trompé. Il a juste ignorer la réalitée. Aujourd'hui, à cet instant, tout lui devient clair. Tous les mauvais chemin empruntés se bousculent dans sa tête. Une par une, ces erreurs refont surface. Il échangerait à l'instant son gros char contre un moyen de sortir de son bureau. Il voudrait se dépayser jusqu'à oublier son nom. Il voudrait visiter des pays qu'il ne peut pas épeller. Il ne c'est jamais senti aussi étouffer. Au vingtième étage de son édifice, l'air semble se faire rare. Il médite sur le sens que ca vie aurait pu prendre. Il se lève d'un bon, dénoue sa cravate et prend une bonne bouffée d'air frais. Il jette un coup d'oeil sur ces dossiers qui s'entassent sur son bureau. Il s'écroule sur sa chaise et se met à pleurer.

Saturday, March 05, 2005

(le bourdon)

D'après les derniers essais techniques réalisés, le bourdon ne peut pas voler en raison du volume de ces ailes comparativement au poids et à la forme de son corps. Mais, le bourdon ne sait pas ceci et vole, et avance de toute facon.

- Anonyme

Thursday, March 03, 2005

Réveil.

Après un dur réveil, je me tiens devant la fenêtre. Je dévisage le soleil trop timide à mon goût. D'habitude, ça ne m’aurait pas trop dérangé mais, ce matin, de gros rayons de soleil m'aurait fait du bien. Je cherche le soleil encore un moment mais, non, pas la peine. Je me traîne les pieds et je supporte un paquet d'angoisse sur mes épaules. Mon café est amer. Je l'ai préparé comme chaque matin... mais, il est fade... Je ne peux même pas compter sur mon café pour me réconforter. Misère. Le journal est parti au vent. Il est éparpillé partout dans la haie. J'attrape une page au hasard qui était à proximité. On y parle de guerre. On y montre une photo d'un enfant qui n'a pas dix ans. Il pleure. Il y a un homme blessé à ses pieds. Je laisse la page de journal s'envoler et je rentre à l'intérieur. Un terrible frisson me parcourt le dos et me rappelle que le beau temps c'est éclipsé. L’été est vraiment ailleurs, avec tout ce que ça implique. Je fixe le ciel de nouveau par la fenêtre. Je cherche parmi le gris quelque chose, une raison, n'importe quoi qui me fasse croire que ça en vaut la peine. Je m'effondre sur mon divan et j'insulte novembre.

Tuesday, March 01, 2005

Le rugissement.

La pièce est sous l'emprise d'une noirceur opaque. Les seules parcelles de lumière viennent du coin de la fenêtre. Des traits lumineux viennent éclairer le bas de mon visage. Je suis seul, assis sur le tapis, au ''beau'' milieu de la pièce. Il faudrait peut-être que je songe à bouger un peu... Oui, peut-être. Sortant de nul part, un objet à quelques mètres de moi se réveille, hurle et veut l'attention. Mon téléphone rugit si fort qu'il me rappelle qu'il existe. L'avoir à porter de main, je le débrancherais d'un seul coup. À cet instant, il n'y a personne ici, personne n'existe. J'aperçois ma télé qui me regarde et qui me fait les beaux yeux. Je détourne le regard pour voir ma guitare qui me tourne le dos de honte dans son coin. Autour de moi, malgré l'obscurité partiel, je prend conscience de tous les objets présents qui, tout comme ma vie, forment un bordel. Le temps a quitté cette pièce, ça fait longtemps déjà. Les traces qui en restent ne font plus vraiment de sens. Le lieu, le temps, l'espace, sonne dans ma tête comme des expressions vides de sens. Et il y a ce téléphone qui hurle dans son coin. Ça semble faire une éternité. Il lâche sa rage avec un son strident qui m'attaque et m'incombe d'une fente au cerveau. Je me bouche les oreilles et je fredonne. Je me balance d'avant en arrière en suivant le rythme irrégulier de l'horloge que je parviens à entendre au fond de la pièce. Soudain, le répondeur fait un déclic. Une voix douce et apaisante remplis la pièce. C'est elle. Elle me dit salut et voudrais bien avoir de mes nouvelles. Une pensée simple, sans prétention. Malgré tout ce que je lui ai dit. Malgré tout ce que j'ai pu lui faire. Elle aimerait avoir de mes nouvelles. D'une voix simple, réconfortante. Elle est là, vivante, en forme. En passant par dessus tout ce sur quoi elle aurait pu s'incomber. Je me regarde me regarder dans le miroir à demi ensouvellis sous des vêtements. J'aimerais tellement avoir la force d'atteindre le téléphone mais, je suis rendu trop loin... Trop loin et je me sens ridicule.

Débuter.

Toute chose doit d'abord débuter. Comment procéder dans mon cas? Faire comme si de rien n'était et raconter comme si c'était le cycle naturel des choses? Nah. Je pourais commencer en disant des conneries. C'est toujours gagnant commencer avec une blague. J'en ai pas... Surprendre. Mais, oui... Tadam! Effet raté. Bon, je n'ai rien pour faire une entrée spectaculaire. Je suis un peu perdu. À moins que je commence en vous disant que je ne sais pas comment débuter ce blogue. De cette facon, je pourais briser la glace en ayant un air pseudo-intéressant... Bon! Une chose de faite.