Saturday, March 12, 2005

Son bordel.

Dans un coin sombre de sa chambre, elle se trouve cramponnée en boule sur le tapis. Elle est dans cette position depuis plusieurs minutes. Ses mains sont appuyées sur sa tête et elle se balance tranquillement. Elle se morfond avec le seul son de horloge qu'elle ressent comme un vacarme qui assomme ses pensées. D'un rythme régulier, la petite aiguille parcours l'appareil avec une musique infernale qui entre dans sa tête et qui va se fracasser dans le fond de son cerveau. Elle a la nausée. En plus de vouloir vomir sur la vie, cette fois si, elle se donne envie de vomir elle même.

Elle trône parmi ses effets qu'elle a saccagés. Elle ne fait pas exception à ses babioles car elle traîne, elle aussi, plus dépareillée que jamais. À cause de son maquillage, ses larmes ont formées de longues coulisses noires sous ses yeux. Elle a tenté de faire disparaître ceux-ci mais, en passant sa main sur son visage, elle n'a qu’étalé les traces noires, créant ainsi un effet de tristesse profond dans ses yeux. Depuis quelques temps, elle se disait être dans une mauvaise passe. Mais, en ce moment, son déguisement ne tient plus la route. Même sans son maquillage, sa teinture, ses bijoux et ses vêtements, elle ne pourrait pas être plus à nue qu'à ce moment. Elle se retrouve comme un livre ouvert. Quiconque voudrait lire entre ses lignes le pourrait sans qu'elle chigne ou dise un mot. Elle a perdu l'énergie qu'elle a tant usé à se cacher. Toutes ces fois où elle a voulue se camoufler derrière une image lui retombe sous le nez. Chaque fois qu'elle a renié ce qu'elle est pour plaire à quelqu'un d'autres lui reviennent au visage. Comme une vision qui l'a rendue au plancher. Elle grelotte et se sent étrangère parmi son existence. L'horloge continue son vacarme sans raté une seconde malgré que tout bas, elle lui supplie d'arrêter. Elle a trouvé son mur et s'y est cassé le nez, laissant des traces de sang et tachant le tapis. D'un oeil absent, elle relève la tête et fixe le test de grossesse à ses pieds. Ainsi reparte les sanglots.

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